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J’avais abandonné ce pauvre blog en mai 2008 parce que la maladie d’Alzheimer de Maman était déjà trop lourde à porter. Je ne sais pas comment j’ai trouvé la force de continuer, mais j’aurai finalement tenu encore deux ans et deux mois de plus… Maman est partie hier matin et je suis désormais orphelin. Orphelin, inconsolable et exténué par ces dernières années épouvantables. Le Bon Dieu, finalement, aura eu pitié et elle sera heureusement partie détendue et apaisée. Le matin de sa mort, j’avais peur qu’elle soit triste ou crispée. Je l’ai trouvée souriante. Je ne savais pas que les morts souriaient : Maman, en tout cas, souriait…
Je vais essayer de recommencer à aller au Jardin du Luxembourg où je l’emmenais tout le temps quand elle pouvait encore se déplacer. J’irai voir les fleurs qu’elle aimait, les merles sur les belles pelouses, les canards dans le bassin, les poneys avec leurs bons yeux et les petits ânes qui promènent les enfants sur leur dos dans l’allée centrale… C’est ça qu’elle aimait. Elle avait un carnet d’adresses où elle gardait la liste de tous ses amis. Et à la lettre “A”, il y avait marqué “ânes”… Et elle avait écrit à la main tous leurs prénoms : Altesse, Aramis, Adriana, Athos, Rosette, Reinette, Mickey, Vulcain… C’est ce que je vais aller faire maintenant : aller au Jardin du Luxembourg et dire aux merles, aux petits ânes et aux grands rudebeckias jaunes qu’elle est partie. 
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Entre ce post et le précédent, plus de deux ans se seront écoulés

Je reviens juste quelques secondes sur ce blog (commencé en juin 2003 et abandonné en mai 2008) et je repars aussitôt. Mais je voulais juste dire encore une dernière chose simple qui servira peut-être à ceux qu’Alzheimer frappera un jour ; eux ou leurs proches. Dans la vie, les choses essentielles sont invisibles. Certaines maladies aussi. Donc si vous vous cassez la jambe au ski et qu’on vous met un beau plâtre et des béquilles, les gens vous plaindront et vous aideront à traverser la rue parce qu’ils VOIENT les conséquences de l’accident. C’est pourtant un accident banal, minuscule, mais à visibilité surlignée et (à cause des béquilles et du plâtre) à compassion amplifiée. Les gens adorent la grande déploration sur le dérisoire. Mais si c’est surper grave mais que c’est dans le cerveau, personne ne voit rien parce qu’il n’y a rien à voir précisément (sauf, à l’hôpital, l’hypocampe vu en imagerie par résonance magnétique). Et donc on a : invisible = indifférence (ou “circulez, il n’y a rien à voir” !). Et non seulement il n’y a rien à voir mais en plus les gens vous assènent des phrases du genre : “tu sais j’ai trouvé ta mère vraiment très bien…” (évidemment la maladie d’alzheimer ne fait pas pousser des cornes ni surgir d’énormes boutons verts sur les joues). Tout ça pour dire que l’indifférence des gens (en plus de l’égoïsme qui est encore une autre histoire) vient souvent de cette invisibilité ou de cette incapacité à voir ce qui est invisible… J’ai beaucoup expérimenté cette situation et voulais donc la noter ici pour qu’elle serve peut-être un jour à d’autres. Quand un aveugle arrive avec sa canne blanche, Lire la suite »

Ichtus

Je passais devant la Conférence des Evêques de France tout à l’heure et je me disais que leur logo était plutôt bien foutu : le poisson, la planète, la croix, le bleu de Marie… Je trouve que pour une fois ils ont été bien inspirés. Sans doute l’Esprit saint…

ΙΧΘΥΣ, ἰχθύς

C’est marrant, tout à l’heure, je marchais dans l’avenue et, tout à coup, pof, il y avait ça devant moi, sous mon nez : mon autoportrait !

soupirail2.jpg

Je n’avais pas vu, à l’époque, cette pub de McCann-Erickson Roumanie pour le Dakino Film Festival d’octobre 2007. Amusant clin d’oeil-cliché à l’inoubliable et immense film d’Hitchcock, “North by Northwest” (“la Mort aux trousses” en français) avec Cary Grant, la belle Eva Marie Saint, James Mason…

Tiens, comme je l’ai en DVD, je vais le regarder ce soir. Je ne m’en lasse pas : ce sera sans doute la trois cent quatre vingt quinzième fois ! (désolé je sais pas où il faut mettre les tirets entre les mots).
Annonceur: DaKino (Dakino Film Festival: Rescue) Agence: McCann-Erickson Roumanie, Directeurs artistiques : Adrian Botan, Alexandru Dumitrescu, Andrei Tripsa, Ionut Pascu, Photographer: Carioca. Original en entier ici.


J’aime bien ce mur… il dit beaucoup de choses je trouve

© Alan Cook, son site

J’ai un vrai problème dans la vie : je ne vois jamais ce que je dois voir. Par exemple, aujourd’hui, je travaille dans un logiciel où il y a des petits markers rose. Je les vois sous la tête de lecture, pas le moindre problème. Et, tout à coup, pof, je vois des cabines de plage ; et hop je suis à Dauville ou dans une station balnéaire… J’entends les mouettes, ça sent bon les embruns et je n’arrive plus à me concentrer. Pas croyable de ne pas pouvoir contrôler son imagination. Et en plus il fait un froid de canard : vraiment pas un temps à se baigner !


Au moins ça me fait des vacances au bord de la mer
Mon imagination me perdra (photoshop)
Mon imagination me perdra (jardin du luxembourg)
Les voyages imaginaires dans mon assiette

Quand, une fois par an, il y a la “Nuit des Musées” les gens vont voir les tableaux au Louvre… Moi le matin je lève les yeux et, miracle, il y a un grand ciel de Poussin au-dessus de ma tête. C’est magique l’art quand il nous tombe dessus, directement du ciel, juste à la verticale du temps…

Le ciel, je ne sais pas ce que c’est,
mais c’est ce que je salue chaque matin
et je me sens mieux lorsque je l’ai fait”

(Yasushi Inoue)

Autres minuscules bouts de ciels …
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