Ce matin, comme tous les dimanches matins, je vais avec maman me ballader au Luxembourg. Histoire de voir où en sont la saison, les fleurs, les arbres, les ânes,les poneys… Le printemps est pile à l’heure, Dieu est toujours aussi grand et plein d’imagination. Le plus bel arbre en cette saison est celui dont la petite étiquette précise : “Malus floribunda, Sieb. ex Van Houtte. Pommier à fleurs, rosacées, hémisphère nord tempéré”. Je suis resté dix bonnes minutes à le contempler. Et à regarder le printemps passer dans la fraîcheur de ce dimanche matin des rameaux. Au Japon, ce sont les cerisiers qui remuent le coeur des hommes. Leur floraison les transforme en une caresse rose tendre aussi douce qu’un nuage du matin quand le ciel est à l’orient tout rose et le reste orné de bel azur limpide. Leurs fleurs sont d’une déchirante délicatesse et leurs pétales une fine pluie qui vient rappeler le caractère éphémère de la vie. De sorte que leur beauté n’est plus vraiment de ce monde : durant la courte période où les cerisiers sont en fleurs, une passerelle se crée entre la terre et l’au-delà, permettant aux âmes de circuler de l’une à l’autre. Comme l’écrit Aragon, dont j’ai en ce moment Le paysan de Paris dans la poche, j’en étais là de mes pensées, lorsque, sans que rien en eût décelé les approches, le printemps entra subitement dans le monde”…
La beauté de la nature me stupéfiera toujours
avril 4, 2004 par switchie