Je n’aime pas parler de politique mais là j’enrage parce qu’on piétine un principe qui est tout simplement le fondement même de nos régimes démocratiques. Naïvement, je croyais en effet que nous étions en démocratie. Et je vois qu’ils nous élargissent l’europe à 25 sans même penser à consulter les peuples ; juste de la propagande médiatique. On va également donner à l’europe une Constitution (un bouleversement constitutionnel majeur qui engage les européens pour le prochain siècle) sans non plus consulter les peuples. Dans les deux cas on me dit : “oui, mais un référendum c’est risqué et dangereux. Les gens risquent de voter contre”. Pourquoi alors ne pas supprimer tout simplement la démocratie ? Et le peuple avec puisque cet imbécile risque de se tromper ? (se tromper voulant évidemment dire ne pas voter comme nos dirigeants le souhaitent, sur les sujets qu’ils choisissent et quand ils le souhaitent [jusqu'à ce que le peule en ait marre et les renvoie chez eux]. Ce n’est tout de même pas parce que ceux qui sont contre l’europe demandent un référendum qu’il faut que moi j’accepte qu’on renonce à la démocratie et à la souveraineté du peuple. On ne peut pas faire moins pour l’Europe en 2004 que ce que de Gaule a fait pour la France en 1958 : faire voter le peuple sur la loi fondamentale qui régit son avenir. Ceux qui croient pouvoir se passer de de l’adhésion explicite des peuples ne grandissent ni la démocratie ni l’europe qu’ils prétendent construire. Voilà, c’est dit En Suisse ils font des votations pour moins que ça.
Constitution – Art. 2.: La devise de la République est Liberté, Egalité, Fraternité.
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
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En cherchant une carte d’électeur je tombe par hasard sur ce texte de Jean DUTOURD me disant ce qu’est un nom épicène masculin…
“Certes, on n’est plus à une faute de français près aujourd’hui ; quand même, il est contrariant que ce soit l’État lui-même qui les propage.
Lorsque les citoyens iront voter aux élections européennes, ils auront une belle faute de français dans leur poche. Elle s’étale sur leur nouvelle carte d’électeur qui s’intitule désormais «carte électorale». C’est à peu près la même chose que si les cartes d’identité devenaient des cartes identifiées et les permis de conduire des permis conduisants.
Je me suis demandé quel était le motif de cette monstruosité grammaticale. On m’a fait savoir qu’on y avait été acculé par les revendications des organisations féministes. Les femmes françaises, en effet – ou tout au moins celles qui parlent en leur nom -, se sont déclarées choquées qu’il n’y eût pas deux sortes de cartes : des cartes d’électeur et des cartes d’électrice. Elles tenaient absolument, paraît-il, à cette espèce d’apartheid. Or deux modèles de cartes eussent coûté plus cher qu’un seul. C’est pourquoi l’Administration a trouvé le compromis «carte électorale», qui, au prix d’une incorrection, fait économiser quelques milliers de francs. Maltraiter la langue est une moins mauvaise affaire que de s’exposer au courroux du beau sexe.
Il y a cinquante ans, un épisode comme celui-ci eût été inconcevable, non parce que les femmes n’avaient pas encore pris conscience de la dignité de leur état, mais parce qu’on avait des rudiments de grammaire. Entre autres, on savait que le mot homme englobait le genre humain dans son entier et que cela s’appelait un nom épicène masculin.
De même la souris était un nom épicène féminin ; cela n’empêche pas qu’il y ait des souris mâles, lesquelles jusqu’à présent n’ont pas élevé de protestations. Le mot femme appartient à ce que la grammaire désigne comme «genre marqué», pour le distinguer de l’épicène homme.
Il est aussi ridicule de dire « les Françaises et les Français », « les électrices et les électeurs », que de dire « les chiens et les chiennes », ou « les chats et les chattes ». On sait bien que le genre chien et le genre chat englobe les mâles et les femelles de l’espèce. Même chose pour les Français : les Françaises sont implicitement comprises dans le lot.
Il n’est pas jusqu’aux curés qui ne pratiquent cette démagogie : autrefois, ils s’adressaient aux fidèles en leur disant « Mes frères ». À présent, pour faire moderne, ils disent : « Frères et soeurs ». Cela ne rend pas leurs homélies plus originales, mais fait une belle jambe aux paroissiennes.
J’ai longtemps admiré la célèbre formule de Vialatte : « La femme remonte à la plus haute Antiquité », mais je commence à douter de son exactitude. La femme remonte au MLF. Peut-être aux suffragettes du début du siècle. Avant on ne trouve que très peu de traces dans l’Histoire de cet être querelleur, hostile, sourcilleux, revendicatif, animé d’un si curieux patriotisme sexuel. J’ai, bien sûr, tout le respect, toute l’admiration, j’oserai dire tout l’amour possible pour les femmes, mais cela s’arrête, malgré tout, à la grammaire”
(Jean DUTOURD de l’Académie française)