Je ne parlerai pas, je ne penserai rien…
mai 21, 2004 par switchie
Hier soir je vais dîner avec Muriel et Jonathan. En partant, je pique en vitesse un livre dans ma bibliothèque, je descend dans le métro, j’ouvre à la première page cochée il y a longtemps et je lis :
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
Mars 1870. Arthur Rimbaud a dix-sept ans…
Chaque fois que je lis ce poème c’est le même ravissement. La vie est un miracle !
