En coupant des poivrons ce soir dans ma cuisine, j’ai repensé à ce beau haïku de Bashô qui dit :
Une libellule,
arrachez-lui les ailes :
un piment !
Si on inverse, ça donne :
Un piment,
mettez-lui des ailes
libellule !
Dans la Divine Comédie, sur la Porte de l’Enfer, Dante lit l’inscription : “Vous qui entrez, laissez toute espérance”… Si on inverse – comme ma vie depuis quelques temps à cause d’Alzheimer – je lis au-dessus de ma Porte : “Toi qui a laissé toute espérance, tu es entré aux Enfers”. Souvent on apprend les choses par leur contraire. J’apprends pas mal en ce moment. Un peu trop à mon gôut. Je vais essayer de revenir à la libellule de Bashô :
Libellule
Dans tes prunelles :
les montagnes lointaines…
