Mes petites soeurs les hirondelles…
juin 17, 2004 par switchie
Si vous avez de la patience, regardez très attentivement cette image…. attendez, et peut-être vous verez quelque chose de miraculeux. Mais il faut attendre…Patience :-)
Magnifique exposition, à la Chapelle de la Sorbonne, du célébrissime cycle franciscain peint à fresque par Giotto à Assise. Sur 62 mètres de long, 28 photographies de 2 mètres de haut transportent l’Ombrie à Paris. Et aussi “l’humilité radieuse” de François et de la vieille chrétienté du moyen âge qui est désormais la seule lumière dans laquelle je me sente à peu près bien dans le monde de cinglés d’aujourd’hui.
Cela m’a rappelé ce beau texte de Nikos Kazantsaki :
François prêchait, mais, tout autour de lui et jusqu’à ses pieds, s’était amassé tout un petit peuple d’hirondelles qui, prêtes à partir en voyage, voletaient de-ci de-là en pépiant si fort qu’elles l’empêchaient de se faire entendre. Il avait beau élever la voix, il ne parvenait pas à couvrir leurs cris. - Mes frères, reprit-il…. mais les hirondelles ne se taisaient point et il en venait toujours de nouvelles. Alors il s’adressa aux oiseaux d’une voix infiniment douce et suppliante : Mes petites soeurs les hirondelles, je vous en prie, taisez-vous, laissez-moi parler ! Charmants petits messagers de Dieu qui amenez le printemps sur la terre, repliez vos ailes un instant, rangez vous tranquillement sur les toits et écoutez. Nous parlons de Dieu qui a créé les hirondelles et les hommes, nous parlons de notre Père à tous. Si vous L’aimez, si vous m’aimez moi, votre frère, taisez-vous ! Je vois que vous vous préparez à partir pour l’Afrique. Que Dieu vous assiste ! Mais avant de vous mettre en route, il est bon que vous écoutiez sa parole.
A ces mots, les oiseaux replièrent leurs ailes et se posèrent aux pieds et sur les épaules de François, gardant leurs petits yeux ronds fixés sur le crieur de Dieu. De temps en temps, seulement, ils battaient des ailes car leur joie était si grande qu’ils ne pouvaient maîtriser leur désir de s’élancer dans le ciel. (…).
(Le pauvre d’Assise, Nikos Kazantsaki).
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J’aurais l’air de quoi si j’étais un oiseau ?
Je dois avoir l’âme franciscaine
Le canari de Milosz
Les hirondelles gribouillent le ciel au fusain