
Le grand Tchouang-Tseu raconte :
“un éleveur de singes distribuait des glands aux singes en leur disant :
“Je vous donnerai trois glands le matin et quatre le soir.
Qu’en pensez-vous ?”
Tous les singes se mirent en colère.
“Je vous en donnerai quatre le matin et trois le soir.
Qu’en pensez-vous ?”
Tous les singes furent enchantés.
Il n’y avait en réalité rien de changé. Mais la première proposition avait provoqué la colère et la seconde l’apaisement. L’éleveur avait su s’adapter à la nature des singes. C’est ainsi que le saint dose l’affirmation et la négation en se reposant sur le cours du ciel. Cela s’appelle une validité ambivalente”. (Tchouang Tseu).
J’ai ai pensé à cette histoire de Tchouang-Tseu ces derniers mois : à propos du voile, des intermittants du spectacle, des chercheurs, du plan Borloo sur la solidarité etc : on a commencé par la mauvaise annonce, tout le monde est descendu dans la rue, la majorité a perdu les élections… On avait donné trois glands le matin… Ensuite le gouvernement à fait l’inverse et donné quatres glands le matin. Et les singes furent enchantés. Peut-être faudrait-il que nos communiquants lisent davantage les philosophes taoistes. Et ce que dit Tchouang-Tseu sur la validité ambivalente ! C’est ça le Tao de la communication gouvernementale.