Aujourd’hui, beaucoup de ceux qui parlent du Mime Marceau et que j’entends jacasser dans les médias pour lui rendre hommage sont ceux-là même qui auront usé les mots jusqu’à la corde ; jusqu’à vous donner envie de ne plus rien dire pendant des mois pour laisser revenir le silence et reposer la langue de leur vacarme insignifiant.
Au cours des dernières années, j’ai découvert ce qu’était le silence lorsque les mots n’existent même plus pour le rompre… Comme les enfants qui arrachent une à une les ailes des mouches, alzheimer arrache les mots les uns après les autres, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux, ou trois, et bientôt plus aucun… comme un ciel plein d’étoiles qui s’éteint peu à peu… Dans cette nuit sans étoiles où l’âme grelotte parce que c’est la vie qui s’en va doucement, on mesure alors ce qu’est le silence, et le poids des mots et tout ce qu’ils représentaient quand ils étaient agiles, souples, vivants et pas des ossements momifiés dans les dictionnaires ou la bouche des hommes politiques… Merci et adieu cher Mime Marceau…

la photo n’est pas signée, peut-être l’avez vous trouver ainsi? le droit moral n’est pas très respecté dans le monde du spectacle, hélas… enfin à part les auteurs qui ça peut-il bien déranger? pour en débattre http://www.snadi.org/adhesion.html
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[Switchie2 : oui, et c'est ma très grande faute ! La photo est de Jean-Pierre Amet. Ma seule excuse est, sans doute, que j'avais tellement tronçonné la photo pour la mettre en petit sur mon blog que j'ai du, inconsciemment, penser qu'il vallait mieux ne pas offenser l'auteur en lui attribuant une telle destruction. Mais, je reconnais que j'aurais tout de même du rendre à César. Pardon pour l'oubli. Et pardon surtout pour la détérioration de la photo].