Ce matin je vais à Tarnier, rue d’Assas. J’aime bien y aller parce que c’est un hôpital carrément vieillot, parce qu’il est à côté du jardin du Luxembourg, et parce que chaque fois que j’arpente ses vieux couloirs, je tombe à la renverse quand je vois, à travers un carreau, les belles briques rouges de l’institut d’art et d’archéologie…
A l’époque c’était la merveilleuse bibliothèque Jacques Doucet… Chaque fois que pense à Doucet je pense à André Suarès que j’ai beaucoup lu et beaucoup aimé Et chaque fois que je vais à Tarnier je pense à Lydie qui me l’a indiqué la première fois… Et chaque fois je suis content, ce qui est un comble pour un hôpital.
PS. Si on avait seulement un ou deux Jacques Doucet aujourd’hui, la littérature serait sauvée de sa médiocrité médiatique. (Doucet sur wikipédia). Mais pourquoi faudrait-il de grands mécènes pour la si petite littérature d’aujourd’hui ?

Très beau, mélancolique, et habile enchaînement de pensées, comme des feuilles d’automne. Pierre Bonnard a écrit que ce qu’il y a de plus beau dans les musées, c’est ce qu’on voit par les fenêtres. Heureusement que Tarnier a des fenêtres.
A travers la vitre on se croirait à Tanger. Paul Bowles est peut être hospitalisé dans un lit voisin?