
Anne Laure me demande tout à l’heure si j’ai une galerie de photos. Outre que je ne suis pas photographe, je lui répond que c’est trop compliqué de prendre la création en photo : parce que tout est tellement beau que lorsque je prends une photo je vois sutout ce qui manque : si je prends un champ de blé, il manque les coquelicots. Et si j’ai les coquelicots je n’ai pas les bleuets. Si j’ai les bleuets je n’ai pas la chaleur du soleil. Et si j’ai la chaleur du soleil, je n’ai pas le vent qui courbe les épis ; et si j’ai les épis je n’ai pas les sauterelles qui sautent sur le chemin. Et si j’ai les sauterelles je n’ai pas la cloche qui sonne au village d’à côté. Et si j’ai le village d’à côté je n’ai pas le sourire de la petite boulangère ; et si j’ai le sourire de la petite boulangère je n’ai pas le petit collier de coquillages roses qu’elle a autour du cou ; et si j’ai le collier de coquillages roses je n’ai pas ….. etc. Et voilà pourquoi je ne fais pas de photos quand je vois un champ de blé. Ce à quoi Anne-Laure me répond fort justement : “mais le but de la photo n’est-il pas justement de suggérer tout cela en ne montrant qu’un épi ?” Zut elle a raison !
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Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers, Picoté par les blés…
Autre nostalgie de champs de blés…