Rester enfant… Ou être chien, dans une autre vie
mai 4, 2008 par switchie

Tout à l’heure, assis sous les Paulownia mauves, je regardais les enfants jouer dans le bac à sable du petit square au pied de l’église : les uns riaient, les autres pleuraient… Tous criaient et piaillaient entre pâtés et toboggan… Moi qui n’arrive plus à séparer les choses tellement la marée noire de la tristesse alzheimer est en train de mazouter les dernières plages de bonheur qui me restaient, je me suis rappelé ces deux textes de Paul Valéry sur les enfants et les chiens qui arrivent si facilement à séparer et compartimenter leurs sentiments et à ne surtout pas mélanger bonheur et malheur :
J’aime les enfants car, quand ils s’amusent, ils s’amusent ;
et quand ils pleurent, ils pleurent ;
et cela se succède sans difficulté.
Mais ils ne mèlent pas ces visages.
Chaque phase est pure de l’autre.
Mais nous…”
Petit texte tiré de Mélange.
Et encore celui-ci, tiré de Paraboles
“Le chien heureux est tout heureux :
Il est bonheur sans ombre.
Il ne sait, il ne peut mélanger du malheur au bonheur,
Du bonheur au malheur.”
Je vais donc essayer de rester enfant le plus longtemps possible. Ou plutôt (vu mon état de délabrement) d’être chien… dans une autre vie en tout cas. Rejouer avec Switchie me fera vraiment du bien.
C’est beau ce qu’il dit Valery.. ah, çà me fait vraiment chaud a l’âme de relire les auteurs français…
Et non seulement c’est beau, mais c’est vrai. Je me demande a quel moment en grandissant on arrête de compartimenter… je suppose que cela se passe graduellement?
Ou cela se passe-t’il comme le changement de phase en thermodynamique, ou un minime changement d’une variable peut changer abruptement l’état physique du système?