
J’aime bien quand, début mai, ils sortent les grands palmiers de l’Orangerie où ils ont passé l’hiver au chaud. Les enfants poussent leur bateaux à voiles sur le grand bassin et moi, vous me connaissez, je pars au quart de tour : les mouettes ricanent, le vent se lève, et hop, je vogue dans ma felouque sur un Nil lent, large et limoneux où somnolent de grands crocodiles bruns sur le dos desquels se posent des oiseaux bleus au ventre jaune… Mais les vrais crocodiles, c’est évidemment dans l’hémicycle du Sénat qu’ils dorment. Nos institutions somnolent et s’enfoncent dans la vase chaude de l’insouciance alors qu’au dehors le monde est en ébullition. Si seulement ces vieux crocodiles du Sénat pouvaient se réveiller et comprendre, avant qu’il ne soit trop tard, que face à l’Asie qui s’est réveillée depuis longtemps et travaille avec acharnement, il est plus que temps de secouer les cocotiers moisis de notre grandeur révolue et d’arrêter de pondre des textes de loi du matin au soir (tous les jours ils nous annoncent une dizaine de lois) quand il faudrait, au contraire, en enlever des tonnes.
Mon imagination me perdra (suite)
Mon imagination me perdra (photoshop)
Argh! Pardon, mais en dehors de ton propos politico prospectif auquel j’adhère en totalité, je m’étrangle!
Oui ton imagination te perdra, en tous cas, sur la carte géographique des navires du monde, sur le grand atlas des voiliers de traditions, comment OSES-TU confondre felouque et sloop à corne? Grément à antenne et cotre aurique?!
Bon je te pardonne parceque tout le monde n’a pas le privilège de voir tous les jours des navires civilisés qui ne puent pas le gas-oil. Je te pardonne aussi parceque je te lis tous les jours et que c’est à chaque fois un moment important.
Je me souviens grâce à toi aujourd’hui de mon exil parisien et du (maigre) réconfort que me procuraient les voiliers du Luxembourg (et la lecture du Chasse-Marée).